Pour qui est cette formation ?
- Cadres des directions du numérique et des projets d’e-gouvernement
- Responsables de registres publics : foncier, état civil, commerce, douanes
- Cadres des banques centrales et des autorités de régulation financière
- Architectes techniques et responsables de systèmes d’information
- Cadres des organismes de certification, de traçabilité et de contrôle
- Décideurs sollicités par des offres fondées sur cette technologie
Les enjeux que nous abordons
La question préalable élimine la plupart des projets. Un registre distribué a un sens lorsque plusieurs organisations doivent partager un même registre sans qu’aucune ne puisse l’administrer seule, et sans tiers de confiance acceptable par toutes. Si une autorité légitime existe déjà — et c’est le cas de la plupart des registres publics — une base de données correctement tenue et auditée répond mieux au besoin. Savoir poser ce diagnostic protège d’investissements sans retour.
L’inaltérabilité ne fabrique pas de la véracité. Inscrire une donnée dans un registre inaltérable garantit qu’elle ne sera pas modifiée ensuite, pas qu’elle était exacte au départ. Sur un registre foncier, la difficulté n’est presque jamais la falsification postérieure : elle est la qualité de l’information d’origine, les titres concurrents et l’absence de levés fiables. La technologie ne traite pas ce problème.
La valeur juridique ne découle pas de la technique. Qu’une inscription soit techniquement infalsifiable ne lui confère aucune force probante particulière : celle-ci dépend du droit national, de la reconnaissance de l’écrit électronique et des conditions de la preuve. Un projet qui ne traite pas ce volet produit un dispositif que les juridictions n’ont aucune raison de reconnaître.
La gouvernance du réseau est le vrai sujet. Qui valide les inscriptions, qui peut lire quoi, qui décide des évolutions, qui supporte les coûts, que se passe-t-il en cas de désaccord entre participants : ces questions déterminent la viabilité du dispositif bien davantage que le choix de la technologie. Elles se négocient entre institutions, pas entre ingénieurs.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, les cadres formés sont en mesure de :
- Expliquer le fonctionnement d’un registre distribué et de son consensus
- Distinguer réseaux ouverts, à permissions et bases répliquées classiques
- Appliquer une grille de décision pour écarter ou retenir la technologie
- Situer les usages pertinents dans le secteur public et leurs conditions
- Comprendre les contrats programmables, leurs apports et leurs risques
- Traiter les questions de valeur probante et de protection des données
- Structurer la gouvernance, les coûts et le pilotage d’un projet pilote
Programme détaillé
Module 1 — Comprendre les registres distribués
- Registre partagé, chaînage et signature : principes de fonctionnement
- Mécanismes de consensus et conditions de leur validité
- Réseaux ouverts, à permissions et consortiums
- Comparaison avec une base de données répliquée et auditée
- Idées reçues et vocabulaire du secteur
Module 2 — Décider : grille d’analyse
- Critères éliminatoires et arbre de décision
- Analyse du besoin réel de décentralisation
- Alternatives : horodatage, signature électronique, journal d’audit
- Évaluation du coût complet et de la charge d’exploitation
- Construction d’un avis technique argumenté sur une offre reçue
Module 3 — Contrats programmables et applications
- Principes des contrats programmables et de leur exécution
- Ce qu’ils automatisent réellement et ce qu’ils supposent en amont
- Risques : erreurs irréversibles, dépendance aux données externes
- Audit, vérification et gestion des évolutions
- Intégration avec les systèmes d’information existants
Module 4 — Usages dans le secteur public
- Traçabilité des chaînes d’approvisionnement et certification d’origine
- Registres fonciers et cadastraux : apports réels et conditions préalables
- Diplômes, actes et documents administratifs vérifiables
- Transparence des marchés publics et des financements
- Identité numérique et attestations vérifiables
Module 5 — Droit, preuve et données personnelles
- Reconnaissance de l’écrit et de la signature électroniques
- Force probante d’une inscription et charge de la preuve
- Protection des données personnelles et droit à l’effacement
- Articulation avec les registres légaux existants
- Cadres nationaux et régionaux applicables
Module 6 — Gouvernance, coûts et projet pilote
- Gouvernance du réseau et accords entre participants
- Modèle économique, coûts d’infrastructure et d’exploitation
- Interopérabilité, normes et réversibilité
- Conduite d’un projet pilote et critères d’évaluation
- Cas pratique : instruction complète d’un projet, de la décision au pilote
Méthodologie pédagogique
Notre approche met le concret avant la théorie. Plus de 60 % du temps est consacré à des cas pratiques : application de la grille de décision à des projets réels anonymisés, rédaction d’un avis technique sur une offre reçue, manipulation d’un registre à permissions, analyse d’un contrat programmable défaillant et construction du dossier d’un projet pilote.
Notre équipe accompagne des administrations et des institutions d’Afrique francophone confrontées à des propositions fondées sur cette technologie. Cette pratique de terrain nourrit chaque session : les cas étudiés sont anonymisés et reflètent les réalités du continent — registres fonciers en cours de fiabilisation, projets de traçabilité sur les filières d’exportation, offres commerciales difficiles à évaluer sans compétence interne. La formation traite les registres distribués comme une technologie et un cadre juridique ; elle n’aborde ni l’investissement en crypto-actifs, ni leur promotion.
Durée et modalités
Durée standard recommandée : 5 à 12 jours selon le niveau de profondeur, format intensif ou modulaire selon les besoins de l’organisation.
Modalités proposées :
- En intra-organisation, dans les locaux du client en Afrique francophone
- En inter-entreprises au Maroc (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir)
- À distance, en classes virtuelles synchrones
- En format mixte : présentiel intensif suivi d’un accompagnement à distance
Taille de groupe recommandée : 8 à 15 participants, en associant si possible profils techniques, juridiques et métier.
Sur-mesure : chaque programme est calibré sur les projets réellement envisagés par l’organisation, le cadre juridique national applicable et le positionnement des participants.
Profil des formateurs
Nos intervenants sont des architectes ayant conduit des projets de registres distribués et des juristes spécialisés dans la preuve électronique. Leur expérience opérationnelle en contexte africain francophone leur permet d’illustrer chaque mécanisme par des cas anonymisés et d’anticiper les difficultés concrètes — évaluation d’offres commerciales, articulation avec des registres légaux existants, négociation de la gouvernance entre institutions participantes. Conformément à notre approche, les profils sont présentés par leur expertise, jamais par leur nom.