Pour qui est cette formation ?
- Responsables des systèmes d’information et de l’infrastructure
- Administrateurs systèmes, réseaux et virtualisation
- Cadres des directions du numérique et des centres de données publics
- Architectes techniques et chefs de projet d’infrastructure
- Responsables de la sécurité amenés à se prononcer sur des hébergements
- Cadres des autorités de régulation et des tutelles du secteur numérique
Les enjeux que nous abordons
La première question n’est pas technique mais juridique. Confier des données à un hébergeur, c’est les soumettre au droit du pays où elles résident et à celui du siège du prestataire. Pour une administration qui traite de l’état civil, de la fiscalité ou de la santé, cette question précède tout choix d’architecture. Elle appelle une réponse documentée — localisation, sous-traitants, conditions d’accès par des tiers — et non une confiance implicite dans la marque du fournisseur.
La virtualisation reste le socle, et souvent la réponse suffisante. Consolider des serveurs sous-utilisés, industrialiser les sauvegardes et rendre les environnements reproductibles apporte déjà l’essentiel des gains, sans dépendance externe. Beaucoup d’organisations gagneraient à maîtriser leur centre de données avant d’envisager un cloud public. Le cloud privé est souvent, sur le continent, la réponse la plus réaliste.
La facture devient variable, et donc dérive. Le modèle à l’usage supprime l’investissement initial mais transforme un coût prévisible en dépense continue, sensible aux volumes et aux erreurs de dimensionnement. Sans suivi des consommations ni règles d’arrêt des ressources inutilisées, la dépense dépasse rapidement l’estimation de départ — et l’engagement contractuel rend le retour en arrière coûteux.
La réversibilité se prépare avant de signer. Formats propriétaires, services managés sans équivalent ailleurs, coûts de sortie des données : l’adhérence à un fournisseur se construit par petites décisions techniques. Savoir ce qu’on pourra reprendre, à quel prix et en combien de temps est une exigence de contrat autant que d’architecture.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, les cadres formés sont en mesure de :
- Distinguer virtualisation, conteneurisation et modèles de service cloud
- Concevoir et exploiter une infrastructure virtualisée
- Comparer les modèles de déploiement privé, public et hybride
- Poser les exigences de localisation, de conformité et de sécurité
- Conduire l’évaluation d’un parc et préparer une migration
- Maîtriser les mécanismes de facturation et suivre la dépense
- Négocier les clauses de niveau de service, de sortie et de portabilité
Programme détaillé
Module 1 — Fondamentaux
- Virtualisation : hyperviseurs, machines virtuelles, ressources partagées
- Conteneurs et orchestration : principes et différences avec la virtualisation
- Modèles de service : infrastructure, plateforme, logiciel
- Modèles de déploiement : privé, public, hybride, multifournisseur
- Ce que le cloud résout, ce qu’il déplace, ce qu’il n’améliore pas
Module 2 — Virtualisation et cloud privé
- Dimensionnement des hôtes et gestion des ressources
- Stockage : types, performances, réplication
- Réseau virtuel et segmentation
- Sauvegarde, instantanés et restauration
- Haute disponibilité et reprise sur incident
Module 3 — Cloud public et hybride
- Catalogue de services et unités de facturation
- Régions, zones de disponibilité et implantation géographique
- Connectivité entre site et fournisseur
- Identité, comptes et cloisonnement des environnements
- Architectures hybrides et cas d’usage pertinents
Module 4 — Souveraineté, conformité et sécurité
- Localisation des données et droit applicable
- Cadre national de protection des données et exigences sectorielles
- Chiffrement, gestion des clés et maîtrise des accès
- Responsabilité partagée entre client et fournisseur
- Qualification des hébergeurs et exigences des marchés publics
Module 5 — Évaluer et migrer
- Inventaire du parc et cartographie des dépendances
- Stratégies de migration : rehébergement, adaptation, refonte
- Dimensionnement et estimation préalable des coûts
- Plan de bascule, tests et retour arrière
- Compétences internes et transfert vers les équipes
Module 6 — Coûts, contrats et réversibilité
- Modèles tarifaires et postes de dépense mal anticipés
- Suivi de la consommation et maîtrise budgétaire
- Niveaux de service, pénalités et engagements de disponibilité
- Coûts de sortie, portabilité des données et formats ouverts
- Cas pratique : dossier de décision d’hébergement argumenté
Méthodologie pédagogique
Notre approche met le concret avant la théorie. Plus de 60 % du temps est consacré à des travaux sur poste : création et gestion d’un environnement virtualisé, exercices de sauvegarde et de restauration, dimensionnement et chiffrage d’une migration, comparaison d’offres et rédaction d’un dossier de décision d’hébergement.
Notre équipe accompagne des administrations, des centres de données publics et des entreprises d’Afrique francophone sur leurs choix d’infrastructure. Cette pratique de terrain nourrit chaque session : les cas étudiés sont anonymisés et reflètent les réalités du continent — connectivité internationale coûteuse et parfois instable, exigences de localisation des données publiques, parcs de serveurs hétérogènes, arbitrages entre centre de données national et fournisseur étranger, équipes d’exploitation réduites.
Durée et modalités
Durée standard recommandée : 5 à 12 jours selon le niveau de profondeur, format intensif ou modulaire selon les besoins de l’organisation.
Modalités proposées :
- En intra-organisation, dans les locaux du client en Afrique francophone
- En inter-entreprises au Maroc (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir)
- À distance, en classes virtuelles synchrones
- En format mixte : présentiel intensif suivi d’un accompagnement à distance
Taille de groupe recommandée : 8 à 12 participants, avec un poste de travail par personne pour garantir une pratique effective.
Sur-mesure : chaque programme est calibré sur l’infrastructure existante de l’organisation, ses contraintes réglementaires de localisation des données et le niveau de départ des participants.
Profil des formateurs
Nos intervenants sont des architectes d’infrastructure et d’anciens responsables de centres de données ayant conduit des projets de virtualisation et de migration dans des administrations et des entreprises. Leur expérience opérationnelle en contexte africain francophone leur permet d’ancrer chaque exercice dans des configurations réelles et d’anticiper les difficultés concrètes — contraintes de bande passante, exigences de souveraineté, maintien en condition avec des effectifs limités. Conformément à notre approche, les profils sont présentés par leur expertise, jamais par leur nom.