Pour qui est cette formation ?
- Responsables de la sécurité des systèmes d’information
- Auditeurs internes et cadres du contrôle interne
- Cadres des directions juridiques et des services du contentieux
- Responsables de la conformité et des enquêtes internes
- Cadres des autorités de régulation et des organes de contrôle
- Magistrats, officiers de police judiciaire et cadres appelés à traiter des éléments numériques
Les enjeux que nous abordons
Les premières heures décident de tout. Éteindre une machine, la redémarrer, y installer un outil ou simplement l’utiliser modifie ou détruit une partie des traces. Le réflexe de « voir ce qui s’est passé » en manipulant directement le système compromet souvent les éléments les plus utiles. Savoir figer une situation avant d’agir est le geste fondateur de toute investigation.
Un élément techniquement exact peut être juridiquement inutilisable. Si l’on ne peut pas démontrer d’où vient une donnée, qui l’a manipulée et que rien n’a été altéré entre-temps, sa valeur probante s’effondre. La chaîne de conservation, la documentation des opérations et le calcul d’empreintes ne sont pas des formalités : ce sont les conditions de recevabilité.
Une enquête interne n’est pas une procédure judiciaire. L’organisation dispose de droits sur ses propres systèmes, mais ceux-ci s’exercent dans le respect du cadre légal, de la vie privée des personnes et des règles de protection des données. Savoir ce qu’on peut examiner, dans quelles conditions et avec quelles précautions protège autant les personnes concernées que la validité de l’enquête.
Connaître ses limites fait partie de la compétence. Certaines analyses relèvent de l’expertise judiciaire et d’outils spécialisés. Le rôle des équipes internes est de préserver les éléments, d’établir les premiers constats et de transmettre un dossier exploitable aux autorités compétentes. Vouloir aller plus loin qu’on ne le peut détruit souvent le travail engagé.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, les cadres formés sont en mesure de :
- Situer le cadre juridique de la preuve numérique et ses conditions de recevabilité
- Réagir aux premières heures d’un incident sans détruire de traces
- Préserver et copier des supports en garantissant leur intégrité
- Tenir une chaîne de conservation documentée
- Identifier les principales sources de traces dans un système d’information
- Conduire une investigation interne dans le respect des droits des personnes
- Rédiger un rapport d’investigation et préparer la saisine des autorités
Programme détaillé
Module 1 — Cadre juridique et principes
- Notion de preuve numérique et conditions de recevabilité
- Cadres nationaux et régionaux applicables
- Enquête interne, procédure disciplinaire et procédure judiciaire
- Droits des personnes concernées et protection des données
- Rôle et limites des équipes internes
Module 2 — Réagir sans détruire
- Conduite à tenir dans les premières heures
- Décision d’isoler, de maintenir ou d’arrêter un système
- Éléments volatils et ordre de préservation
- Erreurs fréquentes qui compromettent les traces
- Constitution et mobilisation d’une équipe d’intervention
Module 3 — Préservation et chaîne de conservation
- Copie de supports et intégrité des données
- Empreintes numériques et vérification
- Scellés, inventaire et conditions de stockage
- Documentation des opérations et registre d’intervention
- Transmission et traçabilité des remises
Module 4 — Sources de traces
- Journaux systèmes, applicatifs et de sécurité
- Traces réseau et équipements de filtrage
- Messageries, postes de travail et supports amovibles
- Environnements hébergés et services externalisés
- Politique de journalisation et durées de conservation
Module 5 — Analyse et reconstitution
- Méthode d’investigation et formulation d’hypothèses
- Reconstitution chronologique des faits
- Corrélation de sources hétérogènes
- Rigueur, réfutation et prévention des conclusions hâtives
- Documentation continue des constats
Module 6 — Rapport, suites et prévention
- Structure d’un rapport d’investigation
- Distinction entre constats, hypothèses et interprétations
- Saisine des autorités et coopération avec les experts judiciaires
- Suites disciplinaires, assurantielles et contractuelles
- Cas pratique : investigation complète et rédaction du rapport
Méthodologie pédagogique
Notre approche met le concret avant la théorie. Plus de 60 % du temps est consacré à des cas pratiques : décisions à prendre dans les premières heures d’un incident, exercices de préservation et de calcul d’empreintes, tenue d’une chaîne de conservation, reconstitution chronologique à partir de journaux et rédaction d’un rapport.
Cette formation porte exclusivement sur l’investigation défensive et la préservation des éléments : elle n’aborde ni techniques d’intrusion, ni méthodes d’effacement de traces, ni surveillance de personnes en dehors du cadre légal. Notre équipe accompagne des organisations publiques et privées d’Afrique francophone sur le traitement des incidents et la constitution de dossiers exploitables. Les cas étudiés sont anonymisés et construits à des fins pédagogiques ; ils reflètent les réalités du continent — journalisation partielle, absence d’outillage spécialisé, délais de saisine des autorités, coexistence de systèmes hébergés localement et à l’étranger.
Durée et modalités
Durée standard recommandée : 5 à 12 jours selon le niveau de profondeur, format intensif ou modulaire selon les besoins de l’organisation.
Modalités proposées :
- En intra-organisation, dans les locaux du client en Afrique francophone
- En inter-entreprises au Maroc (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir)
- À distance, en classes virtuelles synchrones
- En format mixte : présentiel intensif suivi d’un accompagnement à distance
Taille de groupe recommandée : 8 à 15 participants, en associant si possible profils techniques et profils juridiques.
Sur-mesure : chaque programme est calibré sur le cadre juridique national applicable, les systèmes de l’organisation et le positionnement des participants (sécurité, audit, juridique, autorité de contrôle).
Profil des formateurs
Nos intervenants sont des praticiens de la réponse à incident et de l’investigation numérique, ainsi que des juristes spécialisés dans la preuve électronique. Leur expérience opérationnelle en contexte africain francophone leur permet d’illustrer chaque étape par des cas anonymisés et d’anticiper les difficultés concrètes — journaux absents ou trop courts, matériel indisponible pour la copie, articulation avec les autorités judiciaires, données hébergées hors du territoire. Conformément à notre approche, les profils sont présentés par leur expertise, jamais par leur nom.