Pour qui est cette formation ?
- Responsables des services d’instruction et de traitement de demandes
- Cadres des directions du numérique et des systèmes d’information
- Responsables d’organisation et de la qualité de service
- Cadres des services juridiques, du contentieux et des réclamations
- Responsables de la relation usager et des guichets
- Chefs de projet déployant un outil de gestion de dossiers
Les enjeux que nous abordons
Tout ce qui se répète n’est pas pour autant un processus. C’est la distinction que recouvre le case management, ou gestion de cas : une discipline qui traite les dossiers dont le déroulement ne peut pas être fixé à l’avance. Une paie, une commande, une inscription suivent une séquence prévisible qu’on peut modéliser une fois pour toutes. L’instruction d’une demande complexe, non : selon les pièces produites, les vérifications nécessaires ou les difficultés rencontrées, le chemin diffère d’un dossier à l’autre. Traiter les seconds comme les premiers est l’erreur de conception la plus fréquente de ces projets.
Un circuit trop rigide ne discipline pas le travail, il le fait sortir de l’outil. Quand l’application impose une séquence que la réalité contredit, les agents la contournent : ils s’échangent des pièces par courriel, tiennent un tableur parallèle et ne saisissent l’information qu’une fois la décision prise ailleurs. L’outil devient une chambre d’enregistrement, sans traçabilité réelle, et l’organisation croit piloter ce qu’elle ne voit plus.
L’unité de gestion est le dossier, pas l’étape. Ce dont l’instructeur a besoin, c’est de retrouver au même endroit les pièces, les échanges, les vérifications faites, les décisions prises et ce qui reste à faire. Un système organisé par tâches oblige à reconstituer ce contexte à chaque reprise — et cette reconstitution consomme une part considérable du temps de traitement.
La traçabilité est ce qui tient devant un recours. Sur ces dossiers, la décision est susceptible d’être contestée, parfois des années après. Savoir qui a décidé quoi, sur la base de quelle pièce et à quelle date, et pouvoir le démontrer, conditionne la défense de l’administration ou de l’entreprise. Cette exigence se conçoit dès la modélisation, pas au moment du contentieux.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, les cadres formés sont en mesure de :
- Distinguer les activités relevant d’un processus structuré et celles relevant du dossier
- Modéliser un dossier : cycle de vie, états, jalons et rôles
- Concevoir un outillage qui assiste l’instructeur sans le contraindre
- Formuler des règles d’alerte, de contrôle et de délégation
- Intégrer la gestion de dossiers au système d’information existant
- Garantir la traçabilité, la conservation et la valeur probante
- Piloter la charge, les délais et la qualité du traitement
Programme détaillé
Module 1 — Processus ou dossier : qualifier l’activité
- Case management et gestion de processus : deux disciplines distinctes
- Dossiers non structurés : imprévisibilité et rôle du jugement
- Grille de qualification et cas mixtes
- Symptômes d’un outillage inadapté
- Panorama des activités relevant du case management, secteur public et privé
Module 2 — Modéliser un dossier
- Cycle de vie, états et conditions de passage
- Jalons et obligations plutôt que séquence imposée
- Pièces, données structurées et pièces jointes
- Rôles, responsabilités et co-instruction
- Sous-dossiers, regroupements et dossiers liés
Module 3 — Instruire : règles, décisions et assistance
- Règles bloquantes et règles d’alerte : où placer la limite
- Vérifications automatiques et contrôles de complétude
- Délégations, visas et circuits de validation variables
- Échéances, relances et gestion des délais opposables
- Historique décisionnel et motivation des décisions
Module 4 — Outillage et intégration
- Fonctions attendues d’un outil de case management
- Distinction avec les outils de processus et de gestion documentaire
- Intégration avec les référentiels et les applications métier
- Interfaces avec l’usager : dépôt, suivi, échanges
- Conduite d’une évaluation de solutions et rédaction d’exigences
Module 5 — Traçabilité, données et conservation
- Journalisation des actions et des décisions
- Données personnelles, minimisation et droits des personnes
- Durées de conservation et sort final des dossiers
- Archivage et articulation avec la gestion documentaire
- Valeur probante et production de pièces en cas de recours
Module 6 — Déploiement et pilotage
- Association des instructeurs à la conception
- Reprise de l’existant et dossiers en cours
- Indicateurs : délais, âge des dossiers, charge par instructeur
- Détection des goulots et répartition de la charge
- Cas pratique : modélisation complète d’un type de dossier
Méthodologie pédagogique
Notre approche met le concret avant la théorie. Plus de 60 % du temps est consacré à des cas pratiques : qualification d’activités réelles pour déterminer ce qui relève du processus et ce qui relève du dossier, modélisation d’un type de dossier avec ses jalons et ses états, rédaction de règles d’alerte, conception d’un plan de traçabilité et construction d’indicateurs de charge.
Notre équipe accompagne des administrations et des entreprises d’Afrique francophone sur l’organisation et l’outillage de leurs activités d’instruction. Cette pratique de terrain nourrit chaque session : les cas étudiés sont anonymisés et reflètent les réalités du continent — travail réel migré vers les courriels et les tableurs, coexistence de pièces papier et numériques, délais opposables aux usagers difficiles à tenir, dossiers instruits par plusieurs services sans vision partagée. La formation se distingue de celle consacrée à l’automatisation des processus métiers, qui traite les circuits répétables et prévisibles : le case management commence là où le processus figé cesse de convenir.
Durée et modalités
Durée standard recommandée : 5 à 12 jours selon le niveau de profondeur, format intensif ou modulaire selon les besoins de l’organisation.
Modalités proposées :
- En intra-organisation, dans les locaux du client en Afrique francophone
- En inter-entreprises au Maroc (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir)
- À distance, en classes virtuelles synchrones
- En format mixte : présentiel intensif suivi d’un accompagnement à distance
Taille de groupe recommandée : 8 à 15 participants, en associant si possible instructeurs métier et profils système d’information.
Sur-mesure : chaque programme est calibré sur les types de dossiers réellement traités par l’organisation, son outillage existant et le cadre juridique applicable aux décisions concernées.
Profil des formateurs
Nos intervenants sont des cadres d’organisation et des architectes fonctionnels ayant conduit des projets de case management en administration et en entreprise. Leur expérience opérationnelle en contexte africain francophone leur permet d’ancrer chaque exercice dans des dossiers réels et d’anticiper les difficultés concrètes — reprise d’un existant tenu sur tableur, instruction partagée entre plusieurs services, exigences de traçabilité sur des décisions contestables. Conformément à notre approche, les profils sont présentés par leur expertise, jamais par leur nom.