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Transition climatique, énergétique et durabilité

Marchés carbone et crédits : article 6 et intégrité environnementale

Un crédit carbone, c’est une tonne de CO₂ qu’on affirme avoir évitée quelque part — et toute la difficulté tient dans ce qu’on peut réellement prouver. Pour les États africains, le carbone devient une source de revenus convoitée, mais aussi un terrain où l’on se fait vendre des projets sans valeur et où une même tonne peut être comptée deux fois. Cette formation apprend à comprendre ce marché, à en capter la valeur et à en protéger l’intégrité.

5-12 jours Présentiel Distanciel Hybride Secteur public Secteur privé

Pour qui est cette formation ?

  • Cadres des ministères de l’environnement et du climat
  • Responsables des autorités nationales désignées et points focaux climat
  • Cadres des ministères des finances et de la planification
  • Porteurs de projets carbone dans le secteur public et privé
  • Cadres des agences forestières, énergétiques et agricoles
  • Responsables développement durable et RSE des entreprises

Les enjeux que nous abordons

Un crédit carbone vaut ce que vaut sa preuve. Vendre une tonne évitée suppose de démontrer qu’elle l’a réellement été, qu’elle ne l’aurait pas été sans le projet, et qu’elle ne sera pas annulée plus tard. Ces trois conditions — mesurabilité, additionnalité, permanence — séparent un crédit sérieux d’une promesse invérifiable. Sans compétence pour les apprécier, un État signe des projets dont il ne peut garantir la valeur.

Une même tonne ne peut être vendue qu’une fois. Si un pays vend un crédit à l’étranger et le comptabilise aussi dans ses propres engagements climatiques, la réduction est comptée deux fois et l’intégrité du système s’effondre. L’article 6 de l’Accord de Paris encadre précisément ces transferts par un mécanisme d’ajustement correspondant. Le comprendre est la condition pour vendre sans compromettre ses propres objectifs.

L’asymétrie de compétence se paie cash. Les intermédiaires et acheteurs internationaux maîtrisent des méthodologies que la partie africaine découvre souvent en cours de négociation. Il en résulte des contrats déséquilibrés : prix bas, engagements de long terme, transfert de droits mal mesuré. Développer une capacité d’analyse interne change le rapport de force autant qu’une clause négociée.

L’État est régulateur avant d’être vendeur. Autoriser les transferts, tenir un registre national, fixer des règles d’éligibilité, prélever une part des recettes : ces fonctions déterminent si les marchés carbone servent une stratégie nationale ou se réduisent à une succession de transactions privées non pilotées. Construire ce cadre est un préalable à toute participation ordonnée.

Objectifs pédagogiques

À l’issue de la formation, les cadres formés sont en mesure de :

  • Situer les mécanismes de marché carbone, conformité et volontaire
  • Comprendre le fonctionnement de l’article 6 et ses instruments
  • Apprécier la qualité d’un crédit et d’une méthodologie
  • Situer le cycle d’un projet carbone et ses acteurs
  • Comprendre le suivi, la notification et la vérification des réductions
  • Analyser un contrat d’achat de réductions et sa formation de prix
  • Situer le rôle régulateur de l’État et les ajustements correspondants

Programme détaillé

Module 1 — Marchés carbone : principes et typologie

  • Prix du carbone, taxe et marché
  • Marchés de conformité et marché volontaire
  • Notion de crédit, de quota et d’unité
  • Acteurs, standards et intermédiaires
  • Panorama des dynamiques en Afrique

Module 2 — Article 6 de l’Accord de Paris

  • Contributions déterminées au niveau national et comptabilité
  • Approches coopératives et transferts de résultats
  • Mécanisme de développement et son successeur
  • Ajustements correspondants et double comptage
  • Autorisation, registre et gouvernance nationale

Module 3 — Qualité et intégrité des crédits

  • Additionnalité : démontrer l’effet réel du projet
  • Scénario de référence et méthodologies
  • Permanence, réversibilité et risques de non-permanence
  • Fuites et périmètre d’un projet
  • Co-bénéfices, sauvegardes et droits des communautés

Module 4 — Cycle d’un projet carbone

  • Idée, note de projet et étude de faisabilité
  • Choix du standard et de la méthodologie
  • Validation, enregistrement et financement
  • Types de projets : forêt, énergie, agriculture, déchets
  • Répartition des rôles et des revenus

Module 5 — Mesure, notification et vérification

  • Plan de suivi et collecte des données
  • Quantification des réductions et incertitudes
  • Notification et vérification par tierce partie
  • Délivrance, registre et traçabilité des unités
  • Prévention du double comptage et de la double vente

Module 6 — Contrats, prix et cadre national

  • Contrats d’achat de réductions et clauses clés
  • Formation du prix et partage de la valeur
  • Transfert de droits et engagements de long terme
  • Cadre national : autorisation, part des recettes, éligibilité
  • Cas pratique : appréciation d’un projet et d’une offre d’achat

Méthodologie pédagogique

Notre approche met le concret avant la théorie. Plus de 60 % du temps est consacré à des cas pratiques : appréciation de l’additionnalité d’un projet sur dossier, lecture critique d’une méthodologie, analyse d’un plan de suivi, examen d’un contrat d’achat de réductions et construction d’une grille d’autorisation au titre de l’article 6.

Cette formation traite les marchés carbone sous l’angle de l’intégrité et de la stratégie nationale, non comme un simple canal de financement. Elle apprend à repérer les projets sans valeur réelle et les montages exposant au double comptage ; elle n’a pas pour objet de contourner les exigences des standards. Notre équipe accompagne des administrations et des porteurs de projets d’Afrique francophone. Les cas étudiés sont anonymisés et reflètent les réalités du continent — fort potentiel forestier et de restauration des terres, capacités de mesure encore limitées, pression des intermédiaires, articulation délicate entre revenus d’exportation et engagements climatiques nationaux. La formation prolonge celles consacrées au bilan carbone des organisations et à l’adaptation climatique, sous l’angle spécifique du marché et de l’intégrité des crédits.

Durée et modalités

Durée standard recommandée : 5 à 12 jours selon le niveau de profondeur, format intensif ou modulaire selon les besoins de l’organisation.

Modalités proposées :

  • En intra-organisation, dans les locaux du client en Afrique francophone
  • En inter-entreprises au Maroc (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir)
  • À distance, en classes virtuelles synchrones
  • En format mixte : présentiel intensif suivi d’un accompagnement à distance

Taille de groupe recommandée : 8 à 15 participants, en associant si possible profils techniques, financiers et de tutelle.

Sur-mesure : chaque programme est calibré sur la stratégie carbone du pays, la nature des projets envisagés et le positionnement des participants (régulation, porteur de projet, finances).

Profil des formateurs

Nos intervenants sont des spécialistes des marchés carbone et d’anciens négociateurs climat ayant travaillé côté public comme côté porteurs de projets. Leur expérience opérationnelle en contexte africain francophone leur permet d’illustrer chaque mécanisme par des cas anonymisés et d’anticiper les difficultés concrètes — appréciation d’un projet forestier, négociation d’un contrat d’achat, mise en place d’un cadre d’autorisation au titre de l’article 6. Conformément à notre approche, les profils sont présentés par leur expertise, jamais par leur nom.

Pour aller plus loin

Articles et analyses

Nos points de vue d’expert sur les enjeux du domaine Transition climatique, énergétique et durabilité.

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