Pour qui est cette formation ?
- Cadres des services d’urbanisme, du cadastre et de l’aménagement
- Responsables des réseaux d’eau, d’assainissement et d’électricité
- Cadres des services techniques des collectivités territoriales
- Chargés d’études, de planification et de statistique sectorielle
- Cadres des services de santé, d’éducation et d’agriculture gérant des équipements
- Responsables de projets d’infrastructure et bureaux d’études
Les enjeux que nous abordons
Une part importante des données publiques a une dimension géographique ignorée. Écoles, forages, tronçons de route, parcelles, abonnés, cas de maladie : ces informations sont presque toujours localisées, mais stockées dans des tableurs qui interdisent toute lecture spatiale. Les rattacher à une position permet de voir ce qu’aucune liste ne montre — les zones non desservies, les redondances, les distances réelles d’accès.
La qualité de la donnée décide de la qualité de la carte. Système de coordonnées mal renseigné, saisies imprécises, référentiels différents entre services : une carte fausse est plus dangereuse qu’une absence de carte, car elle inspire confiance. Maîtriser les projections, contrôler la cohérence des données et documenter leur origine est la partie ingrate mais décisive du travail.
L’outil n’est plus un obstacle budgétaire. Des logiciels libres de niveau professionnel et des sources d’imagerie ouvertes permettent aujourd’hui à un service de produire ses propres cartes sans licence coûteuse. Ce qui manque le plus souvent n’est pas le logiciel, mais la compétence interne et l’organisation des données. La formation part de cette réalité.
Une carte n’est utile que si elle est lue et partagée. Beaucoup de travaux cartographiques restent sur le poste de leur auteur. Publier les couches sur un géoportail, définir qui met à jour quoi, articuler les référentiels entre services : cette dimension d’organisation conditionne l’usage réel des données, bien plus que la sophistication des analyses.
Objectifs pédagogiques
À l’issue de la formation, les cadres formés sont en mesure de :
- Situer les concepts fondamentaux de l’information géographique
- Maîtriser les systèmes de coordonnées et les projections usuelles
- Collecter et structurer des données géolocalisées fiables
- Exploiter un logiciel de cartographie et une base de données spatiale
- Conduire des analyses spatiales répondant à une question métier
- Produire des cartes thématiques lisibles et honnêtes
- Organiser le partage, la mise à jour et la gouvernance des données
Programme détaillé
Module 1 — Fondamentaux de l’information géographique
- Données vectorielles et raster : nature et usages
- Systèmes de coordonnées, projections et transformations
- Échelles, précision et niveaux de détail
- Métadonnées et documentation des couches
- Panorama des outils libres et propriétaires
Module 2 — Acquérir et structurer les données
- Sources existantes : administrations, imagerie, données ouvertes
- Levés de terrain et collecte par appareil mobile
- Géocodage et rattachement de données tabulaires
- Contrôle qualité, topologie et correction des erreurs
- Structuration dans une base de données spatiale
Module 3 — Prise en main de l’outil
- Interface, projets et gestion des couches
- Sélection, filtres et requêtes attributaires
- Numérisation et édition de données
- Jointures entre données géographiques et tableaux métiers
- Automatisation des traitements répétitifs
Module 4 — Analyse spatiale
- Zones tampons, intersections et superpositions
- Analyses de proximité, de desserte et d’accessibilité
- Densités, agrégations et découpages administratifs
- Analyses appliquées aux réseaux et aux itinéraires
- Formulation d’une question métier en traitement spatial
Module 5 — Cartographie et restitution
- Sémiologie graphique et choix des représentations
- Cartes de localisation, choroplèthes, symboles proportionnels
- Pièges de représentation et cartes trompeuses
- Mise en page, légendes et documents imprimables
- Tableaux de bord combinant carte et indicateurs
Module 6 — Partage et gouvernance des données
- Publication en ligne et géoportails
- Formats d’échange et interopérabilité entre services
- Référentiels communs et infrastructures de données géographiques
- Responsabilités de mise à jour et cycles de révision
- Cas pratique : chaîne complète de la collecte à la carte publiée
Méthodologie pédagogique
Notre approche met le concret avant la théorie. Plus de 60 % du temps est consacré à des travaux sur poste : structuration d’un jeu de données réel, corrections de projections et d’erreurs de saisie, analyses de desserte, production de cartes thématiques et publication d’une couche partagée.
Notre équipe accompagne des administrations, des collectivités et des opérateurs de réseaux d’Afrique francophone sur la valorisation de leurs données géographiques. Cette pratique de terrain nourrit chaque session : les cas étudiés reflètent les réalités du continent — référentiels d’adressage incomplets, données réparties entre services sans référentiel commun, extension rapide des périphéries urbaines, équipements dont la position n’a jamais été relevée. Les exercices s’appuient sur des outils libres, utilisables sans licence par les services.
Durée et modalités
Durée standard recommandée : 5 à 12 jours selon le niveau de profondeur, format intensif ou modulaire selon les besoins de l’organisation.
Modalités proposées :
- En intra-organisation, dans les locaux du client en Afrique francophone
- En inter-entreprises au Maroc (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès, Marrakech, Agadir)
- À distance, en classes virtuelles synchrones
- En format mixte : présentiel intensif suivi d’un accompagnement à distance
Taille de groupe recommandée : 8 à 12 participants, avec un poste de travail par personne pour garantir une pratique effective.
Sur-mesure : chaque programme est calibré sur les données réellement disponibles dans l’organisation, ses cas d’usage métier et le niveau de départ des participants en cartographie.
Profil des formateurs
Nos intervenants sont des géomaticiens et des cadres de services techniques ayant conduit des projets d’information géographique dans des administrations et des opérateurs de réseaux. Leur expérience opérationnelle en contexte africain francophone leur permet d’ancrer chaque exercice dans des données réelles et d’anticiper les difficultés concrètes — hétérogénéité des référentiels, adressage incomplet, articulation entre services détenteurs de données. Conformément à notre approche, les profils sont présentés par leur expertise, jamais par leur nom.